L'Almanarre. Le bout du monde à 10 minutes d'Hyères.

Il y a des endroits qu'on ne montre pas sur Instagram. Pas parce qu'ils ne sont pas beaux. Parce qu'ils sont trop beaux pour ça.

L'Almanarre est de ceux-là.


Une langue de sable entre deux eaux

Pour y arriver, on quitte Hyères par la presqu'île de Giens. La route rétrécit. Les immeubles disparaissent. À gauche, la Méditerranée. À droite, les salins, le rose des flamants, le blanc du sel. Devant, une langue de sable qui s'étire entre les deux comme si quelqu'un avait tiré une ligne à la règle sur la carte.

C'est ça, l'Almanarre. Un cordon dunaire de plusieurs kilomètres qui sépare la mer de la lagune. D'un côté les vagues, de l'autre le silence. Du même côté, toujours, le vent.

Parce que l'Almanarre, c'est une plage de vent.

Le Mistral y descend depuis les Alpes avec une régularité que les météorologues envient. La tramontane passe de temps en temps pour rappeler qu'il y a aussi un nord. Et entre les deux, une brise marine constante qui fait claquer les voiles des kitesurf et des windsurf depuis des décennies.

C'est le spot de glisse le plus réputé de Méditerranée. Championnat du monde de kitesurf. Compétitions de windsurf. Riders qui viennent de partout poser leurs affaires sur ce bout de sable et entrer dans l'eau comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.


Ce que personne ne te dit sur l'Almanarre

Ce que les guides ne mentionnent pas, c'est que l'Almanarre est une plage double.

Quand le vent souffle trop fort côté mer, on passe de l'autre côté. La lagune des salins est plate, calme, presque irréelle. Une eau turquoise peu profonde qui réchauffe vite et qu'on traverse à pied jusqu'aux bancs de sable. Les flamants roses s'y promènent avec une indifférence totale pour les humains qui les photographient.

Il y a quelque chose d'étrange et de beau dans cette coexistence. La plage agitée d'un côté, le lagon immobile de l'autre. Les riders qui s'élancent dans les airs à tribord. Les flamants qui marchent en silence à bâbord.

L'Almanarre est un endroit de contrastes qui ne cherchent pas à se résoudre.


Les ruines sous le sable

Ce que vraiment personne ne te dit, c'est qu'il y a une ville romaine sous tes pieds.

Olbia. Fondée par les Grecs de Marseille au IVe siècle avant notre ère, occupée ensuite par les Romains pendant six siècles. Un port, des entrepôts, des thermes, des maisons. Tout ça enfoui sous la langue de sable de l'Almanarre.

Les fouilles archéologiques ont révélé des mosaïques, des amphores, des pièces de monnaie. Une ville entière qui a choisi cet endroit précis, entre deux eaux, pour s'installer. Pas par hasard. Parce que c'est l'un des endroits les plus beaux et les plus stratégiques de la Méditerranée.

Deux mille ans plus tard, les gens font encore la même chose. Ils arrivent, ils posent leurs affaires sur le sable, et ils ne repartent pas.


La lumière de 17 heures

Si tu n'y es jamais allé, note ça : la lumière de l'Almanarre à 17 heures en juillet est quelque chose qu'on ne peut pas décrire correctement.

Le soleil descend vers les Maures. Il passe au-dessus des salins et prend cette couleur entre le jaune et l'orange qui n'existe qu'en Provence et qu'en fin d'après-midi. L'eau devient or. Le sel brille. Les flamants deviennent rose vif.

C'est exactement ce moment-là qu'on essaie de capturer. Pas dans une photo, pas dans une vidéo. Dans une pièce qu'on met sur le dos et qu'on garde longtemps après.

C'est pour ça qu'on fait ce qu'on fait chez Bleu mon Jules. Pas des vêtements. Des souvenirs que tu peux porter.


Comment y aller

Depuis Hyères, prendre la direction de la presqu'île de Giens. Longer la route du sel. Garer la voiture dès que la route devient sable. Marcher.

L'Almanarre ne s'annonce pas. Il arrive.


Ce qu'on emporte

Pour une journée à l'Almanarre, le vent change tout à ce qu'on met. Pas question de lin trop léger qui s'envole ou d'un t-shirt qu'on regrette dès la première rafale de Mistral.

La chemise rayée ouverte sur un t-shirt, assez lourde pour tenir dans le vent. Le pantalon rayé pour l'aller, le short éponge pour après la baignade. La casquette, indispensable, enfoncée bas sur le front.

Et le soir, quand la lumière passe au gold et que le vent tombe enfin, la veste Bleu de Chine jetée sur les épaules.

L'Almanarre mérite des pièces qui durent une journée entière. C'est exactement ce qu'on a essayé de faire.

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Bleu mon Jules · Saint-Tropez · "quand une couleur devient souvenirs"

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